Moulay Bouchaib Erredad

Publié le 01/08/2009 à 21:53 par blogsoufi

L’histoire de cette légende de Moulay Bouchaïb Erredad continuera d’attiser les sens et de régner sur toutes les générations et les hôtes de la ville de Moulay Bouchaïb Erredad.
Le destin de la ville d’Azemmour a toujours été lié au cours d’eau sur les berges où elle a été bâtie ainsi que le sanctuaire de Moulay Bouchaïb Erredad qui est un  mausolée très populaire à Azemmour. Du temps des Almoravides et des Almohades, un homme a marqué cette époque dans la ville d’Azemmour, c’est Moulay Bouchaïb Erredad. Actuellement, le sanctuaire de Moulay Bouchaïb Erredad accueille plusieurs centaines de visiteurs venant de toutes les villes du Royaume. Il en est de même pour le sanctuaire de Lalla Aïcha Bahriya se trouvant près de l’embouchure de l’Oued Oum-Er-Rabie et Lalla Eto.
Moulay Bouchaib Erradad est le saint le plus célèbre de la région d’Azemmour. Son nom complet est Abou Chouaib Ayoub Ibn Said Al Sanhagi qui a vécu à la fin du règne des Almoravides et au début de celui des Almohades. Moulay Bouchaib Erredad mourut en 1166, à  l’âge de 90 ans. La baraka de Moulay Bouchaib c’est qu’il permet aux femmes qui se rendent à son Mausolée, d’avoir des enfants de sexe mâle. Des milliers de personnes de toute souche socioprofessionnelle y accourent. Des rituels en tout genre s’y pratiquent. Toutefois, le scénario reste le même : l’investigation du mal et le désenvoûtement. Les hommes et les femmes affluent de toutes les régions du Royaume pour avoir la bénédiction de ce saint. Ils se bousculent à l’entrée de la «chambre des supplications». Une grande cérémonie de procession s’organise autour du mausolée. Dans l’imaginaire populaire, Moulay Bouchaïb Erredad est un saint dont la baraka est souvent synonyme de fertilité. «C’est un saint qui nous  rassure et qui nous donne de l’espoir pour réaliser  nos objectifs, c’est vraiment extraordinaire de visiter cet homme et goûter la baraka de sa coupole «Koba». Je me déplace de Casablanca à Azemmour chaque année avec mes enfants et mon mari pour le visiter et avoir sa baraka», affirme Fatima, 48 ans, analphabète et ancienne habitante de la région d’Azemmour. Ahmed, ancien habitant de Casablanca depuis, 38, ans est un homme qui a un grand respect pour ce saint et qui apprécie beaucoup cette légende. Une jeune femme intellectuelle, âgée de 30 ans, et qui croit beaucoup à cette légende, a affirmé «que cela dépend de la «Niya» c’est-à-dire la naiveté de chaque personne qui est  la clé par laquelle on peut y arriver à nos objectifs et à nos désirs». Moulay Bouchaib Erredad  reste un symbole éternel  sacré et  mystique dans la mémoire des Marocains. La baraka de ce saint réunit diverses mentalités des populations marocaines.

 

Source: http://www.aujourdhui.ma/ramadan-2008-details408249.html

Moulay Abdellah Amghar

Publié le 01/08/2009 à 21:53 par blogsoufi

Le Ribat de Moulay Abdellah Amghar

Tit l’ancienne

Les monuments découverts dans la région de Tit sont un témoignage notoire du degré d’urbanisation et  de peuplement qu’a connu cette localité depuis des ères anciennes. D’ailleurs, des recherches en sciences toponymiques ont montré que le port dénommé routoubis dans les littératures anciennes, se trouvait dans le même lieu que Tit, ce qui témoigne encore une fois de l’ancienneté de cette ville marocaine.

Tit dans l’histoire islamique

Après l’avènement de l’islame au Maroc, les dynasties qui se sont succédées ainsi que les habitants qui ont demeuré à routoubis ont bâti leurs constructions nouvelles à coté des constructions anciennes, et des fois sur les décombres de celles-ci. L’urbanisation nouvelle a commencé à porter un autre nom dans les références arabes et islamiques, notamment celui de Titnfetr, abrégé en tit.

Titnfetr est un vocable berbère,à l’instar des noms des localités marocaines, composé de « Tit » signifiant « Œil », de « n » pour l’adjonction et « Fitr » signifiant nourriture. Celle-ci s’est arabisée à son tour et a pris le nom de Ain Fitr. On rapporte que l’origine de cette appellation revient à l’existence d’une source ou le cheikh Ismail Ibn Said, surnommé Ibn Amghar, fut le premier des amghanéens à y faire ses ablutions et à y boire de l’eau. Après cela , le lieu fut surnommé Titnfetr.

La localité Tit l’amgharéenne

La première installation à Titnfetr l’amgharéenne est donc liée au cheikh Ismail Ibn Said l’ancêtre des amgharéens eu égard au fait qu’il est considéré comme le premier à s’installer dans la région.

De même selon abdeladim El Azemmouri, la région ne connaissait pas de constructions tant elle était sauvage et cachée par la verdure. Cependant, la région ne demeura pas inconnue car la sédentarisation du Cheik Ismail El Amghari, a suscité l’intérêt de la tribu voisine du lieu qui profitait également des ses ressources verdoyantes et maritimes. La tribu en question, dont le cheikh était nommé Ibn batan contemporain du cheikh AL Amghari, est supposé une descente des sanhaja.Les sanhaja de Titnfetr ont accordé une grande estime au cheikh Al Amghari en vertu des grandes qualités que possédait l’invité Amgharéen, notamment celles de piété, de méditation, de satisfaction et de volonté d’instruire les gens. Ils étaient aussi émerveillés par ses karamats et ses actes extraordinaires.

La relation entre les deux parties s’est tellement intensifiée qu’un mariage a eu lieu unissant l’une des filles de la tribu au cheikh Ismail. Un enfant naquit auquel fut donné le nom d’Ishaq qui suivit la même voie de piété que son père. Il fut également l’un des grands saints de son époque. Ce fut donc le commencement de la famille Amgharéenne avec à sa tête, le cheikh Ismail Ibn Amghar, et ce avant l’avènement des Morabitines ( au début du 5eme siècle de l’Hégire).

D’ailleurs l’une des premières construction sur place fut la maison du cheikh El Amghari et de ses proches. C’est ce qu’on peut appeler aussi le premier Ribat Amgharéen. Il est rapporté aussi que le cheikh Ismail mourut dans cette localité et y fut enterré.

Le Cheikh Moulay Abdellah Amghar

Al Kanouni rapporte  à propos du cheikh Abou Abdellah Mohamed Ben Abi Jaafar Ishaq Ben Abi Al fida Ismail Ben Mohamed ben Abi Bakr Ben El Houssine ben Abi Abdellah Ben Ibrahim Ben Yahya Ben Moussa Ben Abdelkarim Ben Massoud Ben Saleh Ben Abdellah Ben Abderrahmane Ben Mohamed Ben Abi Bakr Ben Tamim Ben Yasser(ou Yassine) Ben Omar Ben Abi Al Kassim Ben Abdellah Ben Moulay driss ben Driss Ben Abdellah Ben El Hassane Ben Ali Ben Abi Taleb et Fatima Zahra,que la bénédiction du Dieu soit sur eux.

Le moussem de Moulay Abdellah Amghar

Le Moussem  de Moulay Abdellah Amghar est l’une des plus importantes manifestations religieuses et culturelles au Maroc. Célébré depuis des centaines d’années par les tribus des doukkala, au Ribat Tit(Centre Moulay Abdellah actuellement) à la mémoire du saint Moulay Abdellah Amghar. Les festivités du moussem sont très variées et se diversifient entre des activités religieuses au sein du marabout et de sa mosquée et des activités patrimoniales et folkloriques dans les différents espaces du moussem.

Cette manifestation se caractérise par son aspect non stop ; Si la journée est consacrée à la fantasia et à la chasse au faucon, la nuit connaît l’organisation de soirées artistiques populaires par le comité d’organisation sur la scène officielle et les élus et  notables  en plus de l’art du Halka dans l’espace Mahrak.

 

Source: http://www.moulayabdellah.ma/le-moussem.php

 

Moulay Bouazza Yalannour

Publié le 01/08/2009 à 21:51 par blogsoufi

L'un des plus grands apologistes de l'Islam dans la période pré-moderne de l'Afrique du Nord était un légiste de la ville de Sabta (l'actuelle Ceuta) du nom de Sidi Ahmed al-Azafi (m. 633/1218). Fils du juriste en chef de Sabta et membre respecté du clan des Banu al-Azafi, clan de Savants de la Loi qui eurent à gérer la ville durant le treizième siècle, Ahmed al-Azafi fit sa réputation en tant qu'expert en matière d'analyse de la tradition orale (« riwaya » et « diraya »).

Son travail le plus important est le Di'amat al-yaqin fi za'amat al-muttaqin (Le Pilier de la certitude sous la conduite de la conscience de Dieu), une biographie sacrée du Saint berbère Sidi Abu Yaaza Yalnour ibn Maymun ibn Abdellah Dukkali Hazmiri al-Gharbi (m. 572/1157).


Le sujet du Di'amat al-yaqin, le très largement vénéré « Moulay Bouazza » des montagnes du Centre-Atlas, est l'une des plus grande énigme de la spiritualité islamique occidentale. Presque tout ce qui touche à ce Saint, y compris sa généalogie et la vocalisation de son nom, est sujet à discussion. La plupart des traditionalistes s'accordent, néanmoins sur le fait qu'il était un berbère Masmuda illetré et monolingue de la région montagneuse de Hasqura. Son tombeau se trouve actuellement au milieu du ribat qu'il construisit à Jabal Iruggan près du village du Centre-Atlas de Taghiya, entre les villes actuelle de Rommani et Oulmès. Pour ses pairs Soufis, Abu Yaaza était « Maître des Maîtres du Maghreb ». Pour la masse des croyants ordinaires qui vinrent à bénéficier de sa baraka, néanmoins, il était une merveille de son temps dans la réalisation de miracles. Quand il mourût au cour d'une épidémie à plus de cent ans d'âge, il bénéficiait de la vénération de toutes les classes de la société marocaine, à l'exception de quelques Ulama partiaux de Fez. Encore au seizième siècle, il n'était pas inhabituel pour les pèlerins de montrer leur dévotion à Abu Yaaza en marchant nu-pieds les quatre-vingts kilomètres qui séparaient Meknes de son tombeau dans la montagne.

Les thèmes qui apparaissent le plus souvent comme bases de la pratique spirituelle de Abu Yaaza sont la Futuwwa, les doctrines de l'humilité et le service envers les autres. Il combinait ces dernières à un régime végétarien extrêmement strict et à une attention particulièrement méticuleuse au niveau de la pureté qui l'empêchait de manger quoi que ce soit qui fût cultivé par quelqu'un d'autre. Des Traditions rapportées par at-Tadili dans son at-Tashawwuf, ainsi que le témoignage manuscrit d'un contemporain de Abu Yaaza, l'hagiographe Mohammed ibn al-Qacem at-Tamimi, montrent que cette prudence était partie d'un ascétisme systématique et non pas d'une quelconque idiosyncrasie. At-Tadili, par exemple, rapporte : « J'ai entendu Mohammed ibn Ali dire qu'il a entendu Abu Abdellah al-Baji dire : ''J'ai vu le Shaykh Abu Yaaza rassembler de la mauve (khubbaza), la cuire, la sécher, et la vanner. Lorsqu'il souhaitait en manger un peu, il la divisait en parts, en prenait en une poignée ou deux, et hurlait sur lui-même tel un tyran, disant à son égo (nafs) 'Rien de ce qui est à toi ne m'appartient, sauf ceci !' '' ». De la même manière, at-Tamimi, qui visita un jour Abu Yaaza dans sa retraite au sommet de la montagne dans le Jabal Iruggan, atteste que leShaykh refusait de préparer un repas plus grand que la quantité nécessaire à un enfant.

Dans une biographie postérieure d'Abu Yaaza, le Soufi Jazulite Sidi Ahmed Suma'i (m. 1013/1598) rapporte que durant plus d'un quart de siècle que le Saint a erré dans les régions inhabitées du Maroc. Il y a subsisté au moyen de plantes sauvages et fut traité en ami par les lions, les oiseaux et autres bêtes de la forêt. À un moment de sa carrière, il semble qu'il ait pu avoir été un partisan de la cause Almohade, selon ce que nous dit at-Tadili, car pendant vingt autres années Abu Yaaza a vécu dans les sommets élevés des montagnes de l'Atlas au-dessus de Tin Mal, où la mosquée et l'ancien tombeau de Sidi Mohammed Mahdi ibn Toumart (m. 524/1130), le disciple d'al-Ghazali et fondateur de l'Almohadisme, peuvent encore être trouvés. Au cours de cette période, Abu Yaaza était connu comme Bu Agartil (Celui au Tapis de Prière), parce qu'il utilisait un tapis tissé de roseau pour cacher sa nudité

Plus tard dans sa vie, Abu Yaaza descendît sur la côte de Dukkala, où il demeura durant dix-huit autres années. Pendant cette période, il a été surnommé Bu Wanalgut, après qu'il eu mangé une plante qui avait poussé au milieu d'un tas d'ordures et de compost. Durant un certain temps, il n'a plus subsisté de rien sauf des coeurs de laurier-rose comestibles et de pâte de glands sauvages, qu'il transformait en pains plats et portait dans une petite poche sur sa ceinture. Au cours de son séjour dans Dukkala, Abu Yaaza devint un disciple du disciple de Moulay Abu Abdellah Amghar, Moulay Boushayb as-Sariya (m. 561/1166), chef des Azammour et Shaykh de Tariqa Nuriyya, qu'il reçu simultanément de Sidi Abdelljalil ibn Wayhan (m. 541/1126) et Sidi Bannour al-Mashanzai (m. 550/1135). Depuis lors Abu Yaaza commença à pratiquer une forme de jeu de rôle inspiré de la Malamatiyya qui scandalisa les Ulama exotériques de Fez. Au moins une fois, ceci l'amena à s'engager dans un travestissement et une inversion des rôles de genre :

L'un des compagnons d'Abu Yaaza s'était marié. Son épouse lui demanda une servante, mais il n'en avait pas. Alors, Abu Yaaza lui dit : « Je me substituerai à la servante », puisqu'il était noir de peau et imberbe. Il revêtit les habits d'une esclave (femme) et servit l'homme et sa femme durant une année entière. Il broyait le blé, pétrissait la pâte, faisait du pain et versait l'eau – la nuit durant – tandis que la journée il accomplissait ses actes de dévotions à la mosquée. Après qu'une année se fut écoulée, l'épouse dit à son mari : « je n'ai jamais vu d'esclave comme elle ! Elle accomplit tout ce qui devrait être fait [normalement] le jour au cours de la nuit, et n'apparait jamais durant le jour. » Son époux s'en alla alors, ne souhaitant pas lui répondre, mais elle continua à lui en parler jusqu'à ce qu'il dit : « Personne d'autre n'a jamais travaillé pour toi que Abu Wanalgut et il n'est pas une femme esclave ! » Aussi, quand elle su que c'était Abu Yaaza, elle dit : « Par Dieu, il ne travaillera jamais plus ainsi, et je jure que je ferai mon travail moi-même dorénavant ! ». Depuis cet instant, elle fit par elle-même son propre travail.

En tant que disciple de Moulay Boushayb, Abu Yaaza a été instruit dans Tariqa Nuriyya de Sidi Abul Hassan an-Nuri (m. 295/880). Une preuve de ceci peut être trouvée dans l'usage fréquent qui est fait du symbolisme de la lumière dans les noms et les doctrines de ce Saint et de ses Maîtres. Sidi Abul Hassan an-Nuri, le fondateur de cette tradition, est connu pour avoir reçu son surnom du fait de la lumière qui luisait dans la pièce où il instruisait ses disciples. Sidi Bannour le Masmuda murabit (l'Illuminé), l'enseignant de Moulay Boushayb, était lui aussi connu pour ce même phénomène, et il est rapporté qu'Abu Yaaza lui-même possédait une aura si lumineuse que ceux qui le regardaient trop fixement en devenaient aveugles. Un dernier exemple, mais non des moindres, est le propre surnom donné à Abu Yaaza, « Yalnour », qui est explicité par l'historien marocain Ahmed Toufiq comme une arabisation du berbère ila.innur, « Possesseur de Lumière ».

Un autre lien unissant Abu Yaaza et la Tradition de la Nuriyya était l'emphase du Saint quant à l'ithar, l'altruisme ou la pratique de la préférence des autres sur soi-même. Abul Hassan an-Nuri fit également de la sollicitude envers tous les être humains un important pilier de sa méthode spirituelle. Dans ces conditions, il semble que ce ne soit pas un hasard si Abu Yaaza mit un terme à sa période de retraite spirituelle uniquement après avoir rencontré Moulay Boushayb, qui lui aurait enseigné cet aspect de la doctrine de an-Nuri. Bien que des années plus tard Abu Yaaza vivait seule avec sa famille au sommet du Jabal Iruggan, at-Tamimi nous rapporte qu'il aurait donné des audiences publiques à la mosquée qu'il construisit plus bas dans la colline. Le visiteur d'Abu Yaaza aurait pu peindre un vivant portrait du Shaykh assis immobile lors de ces cessions, écoutant patiemment les requêtes de ces centaines de personnes à la recherche de sa baraka. Son altruisme était si grand, nous apprend-on, qu'il aurait donné des morceaux de son turban, la nourriture de son assiette, et même les cheveux de sa tête à qui le désirait. Parfois, cependant, le comportement altruiste d' Abu Yaaza se muait en ironie. Sidi Mohammed ibn Jaafar Kattani (m. 1345/1930) Soufi et biographe du dix-neuvième siècle, note que lorsque les Ulama de Fez venaient le voir, Abu Yaaza se mettait à genoux, embrassait leurs pieds, et s'exclamait : « Bienvenue, mes seigneurs ! Bienvenue, ô matraqueurs du monde matériel ! »

En 541/1146, Abu Yaaza a été sommé de se rendre à Marrakech avec son Maître Moulay Boushayb selon l'ordre du calife Almohade Abdelmumin ibn Ali, qui venait tout juste de ravir la capitale à son dernier régent Almoravide. Bien que les tribus de pasteurs de Dukkala en ce temps-là furent Sanhaja, à l'origine, elles n'avaient jamais pleinement approuvé les « cousins » Almoravides et avaient mis à profit l'affaiblissement de l'autorité centrale pendant la révolution Almohade pour atteindre un niveau important d'autonomie. Cet état de fait était très avantageux pour les marabouts de la région, dont le rôle de négociateur et d'intermédiaire leur permirent de facto d'assumer des responsabilités politiques. L'un des plus important de ces Saints, leader spirituels, était Moulay Boushayb, dont les disciples Sanhaja étaient parmi les plus indépendant dans tout Dukkala. Lorsque les éleveurs de moutons du nord de cette région refusèrent de s'acquitter de l'impôt kharaj du nouvel état Almohade, Abdelmumin envoya une importante force armée composée de cavaliers et de fantassins pour les punir. Cette campagne atteint son paroxysme lors de l'attaque surprise contre les Sanhaja près de Azammour, ville natale de Moulay Boushayb, au cours de laquelle les hommes de la tribu furent acculés à la mer et y furent noyés par les forces Almohades bien mieux aguerries au combat. Ibn Sammak, l'auteur d'une chronique du quatorzième siècle intitulée Al-Hulal al-mawshiyya, déclare qu'après cette débâcle, tant de prisonniers furent fait qu'une femme pouvait être achetée pour une simple et minuscule pièce d'un dirham et un garçon, pour à peine la moitié de ce prix.

Pour être parfaitement comprise, l'inquisition contre Moulay Boushayb et Abu Yaaza doit être vu dans le contexte de la révolte des contribuables de Dukkala et à lumière du fait que le propre Shaykh de Moulay Boushayb, Shaykh Abdeljalil ibn Wayhan, avait résisté aux Almohades durant le siège de Marrakech. Tandis qu'il était en état d'arrestation, Abu Yaaza a été tenu éloigné de son Maître dans le minaret de la mosquée Kutubiyya. Cependant, durant son procès, il suivit la même stratégie que Moulay Boushayb en répondant à toutes les questions qui lui étaient posées par des citations du Saint Coran. Bien que les détails de cet interrogatoire ne nous soient pas parvenus, il semble qu'une entente mutuelle soit apparue entre Abu Yaaza et le calife Almohade, car à la suite de sa libération il ordonna à ses disciples de cesser leurs critiques à l'égard d'Abdelmumin, disant « Laissez-le tranquille. Vous n'avez aucun recours contre lui. »

Après avoir été libéré de Marrakech, Abu Yaaza partit pour Fez, où il tint quelques réunions avec le Soufi et juriste Sidi Abu Bakr ibn al-Arabi (m. 543/1128) après la construction de sa zawiya à Humat al-Blida, près de la mosquée Al Qarawiyyine. Après un laps de temps indéterminé, il se déplaça encore, cette fois-ci pour sa dernière demeure à Taghiya au beau milieu des montagnes de l'Atlas. Là, Abu Yaaza vécu en retraire avec sa famille dans les sommets forestiers du Jabal Iruggan, descendant de la montagne uniquement pour de grands visiteurs, enseigner à ses disciples, et diriger les prières en commun. La raison précise qui le poussa à choisir Taghiya comme lieu de vie n'est pas mentionnée dans les sources. En agissant ainsi, il resta fidèle à l'une des traditions religieuses les plus anciennes, celle qui consiste à construire des sanctuaires à l'endroit des anciens lieux de cultes. Peu après leur occupation du Maroc en 1912, des chercheurs français rapportent avoir trouvé un cercle de mégalithes près de ce village, indiquant que Taghiya a été révérée comme un lieu saint longtemps avant l'avènement de l'Islam.

Il est curieux de constater comment les informations ci-dessus – spécialement celles concernant le rattachement d'Abu Yaaza avec le Soufisme – apparaissent peu dans la biographie monographique de ce Saint par al-Azafi. Manifestement, le lecteur n'est même pas informé qu'Abu Yaaza est un Shaykh Soufi. Au lieu de cela, al-Azafi dépeint le portrait d'un saint homme illettré et accomplissant des miracles, dont les pratiques idiosyncratiques ne requéraient qu'une exégèse semi-officielle pour les rendre acceptables de tous. Le corps central du Di'amat al-Yaqin est constitué de manaqib, de narrations d'exemples d'actes attribués à Abu Yaaza sur la base transcriptions de tawatur (témoignages oraux). Le lecteur se retrouve en présence d'un saint pour qui le pouvoir qui lui a été divinement accordé est contrebalancé par un sens de l'intimité et de l'accessibilité. Cette accessibilité est renforcée par la simplicité du discours d'Abu Yaaza ainsi que l'intégration du vocabulaire Berbère dans le texte d'al-Azafi. Ces deux aspects sont illustrés dans les témoignages suivants, qui furent relatés à al-Fazi en tant que témoignages directs de l'un de ses plus crédibles témoins, le Shaykh Soufi, guerrier saint, et martyre Sidi Abu Sabr Ayyoub al-Fihri (m. 609/1194),

« J'ai une fois voyagé [pour rencontrer Abu Yaaza] sur un âne m'appartenant. Un jour, après l'avoir laissé paitre librement, des gens sont venus me voir tandis que j'étais à la mosquée et me dirent : « Occupe-toi de ton âne, parce qu'il est en train de mourir ! ». Je couru vers lui et le vis frappant des pattes et des sabots, de l'écume sortant de sa bouche. Je compris la raison de tout ceci lorsque quelqu'un vint me dire : « Il a mangé le grain du Shaykh alors qu'il était dans un sac empilé et ceci s'est alors immédiatement produit. » Alors, je partis aussitôt voir le Shaykh et lui dit : Ô, mon père ! Mon âne est mort ! « Il n'est pas mort » répondit-il. Il dit : « Il peut être n'importe quoi sauf mort, parce qu'il a mangé tes provisions, et l'âne est ta provision. » Alors, il partit avec moi [vers l'âne] ouvrit sa bouche, et cracha dedans. L'âne se releva immédiatement, comme si aucun mal ne l'avait jamais atteint. C'est manifestement un merveilleux miracle ! »

La marque du sens des responsabilités sociales d'Abu Yaaza incluait la réconciliation des nouveaux mariés qui étaient sur le point de divorcer, la médiation dans les conflits tribaux, la suppression de la vengeance par la rancune (tha'r), des marques de « bonne citoyenneté » expressions de loyauté envers l'état, et des démonstrations de marque de respect envers les Ulama. Sa marque de sala'h la plus connue, cependant, était la guérison des malades. Le style particulier de guérison pratiqué par Abu Yaaza avait troublé les Ulama parce qu'ils (ces actes) lui permettaient de toucher les poitrines dénudées des femmes. Quand les Ulama l'accusèrent de caresses impudiques envers les femmes et de les regarder de manière lubrique, il répondit : « Ne permettent-elles pas aux médecins de regarder et de toucher si nécessaire ? Un seul de leurs médecins est-il devenu mon ennemi ? Je ne touche que des corps malades dans le seul but de les guérir. »

Beaucoup des miracles d'Abu Yaaza étaient de nature épistémologique, puisqu'ils ont impliqué les formes transcendantes de la connaissance, telle que la lecture spirituelle ou la prédiction d'évènements à venir. Ce type de karama se réfère communément à la firasa (voyance). L'un de ces cas les plus frappant dans le Di'amat al-yaqin concerne l'utilisation par le Saint d'un serpent en guise d'oracle,

« Un jour, [mon père] et ses compagnons descendirent au fleuve qui coulait près de sa maison pour laver ses vêtements. Quand le Shaykh s'allongeât pour dormir à l'ombre d'un arbre, un gigantesque serpent, portant une cape de la taille d'un poulain (muhr) ou à peu près, approcha du fleuve, y bu, et alla là où était le Shaykh Abu Yaaza [étendu]. Tout le monde était effrayé par ce monstrueux serpent. Quand il a atteignit le Shaykh, il lui lécha les pieds et se glissa sous ses vêtements jusqu'à ce que sa tête ait émergé de sa manche. À cet instant, [le Shaykh] dit : « N'ayez pas peur ! En vérité, [le serpent] est un messager (rasul) qui est venu à moi pour me dire que quarante voleurs arriveront ici ce soir. Il s'agira de Qaid Abdellah ibn Sanadid et de ses compagnons. » Il ordonna alors à ses compagnons s'occuper de mettre à l'abri leurs femmes et de préparer la nourriture.

Le fait, par al-Azafi, d'inclure de si dramatiques miracles dans le Di'amat al-yaqin signifie que le pouvoir d'Abu Yaaza était unique car propre à lui-même et par conséquent impossible à reproduire par les autres. Al-Azafi précise, cependant, que ce n'était pas le Saint que les gens craignaient en réalité. Au contraire, c'était la Puissance de Dieu, le divin Seigneur , la Source Ultime de la connaissance du saint ainsi que Son Autorité, qu'ils ressentaient en la présence du Saint. Pour ces raisons, dit al-Azafi, les faiseurs de miracles tels que Au Yaaza son la quintessence des Awliya' Allah : « [Ils] sont amenés près d'Allah par l'obéissance, et Allah en échange leur fait don de miracles. » L'idée que le pouvoir et l'autorité sont liés à une proximité à Dieu repose avant tout sur l'épistémologie des miracles dans les hagiographies des Saints du Maroc. Des Awliya' Allah tels que Abu Yaaza acquièrent la connaissance (ma'rifa) directement de Dieu Lui-même et la diffusent alors aux autres par illumination, « comme s'ils étaient des pupitres de lumière ». Le témoignage suivant, pris dans le at-Tashawwuf de at-Tadili, illustre la nature didactique de ce type de miracle :

Sid Abu Ali ibn Tamagurt a dit : « j'avais coutume d'apporter une certaine quantité de raisin à Abu Yaaza chaque année depuis Nafis jusqu'à Jabal Iruggan. Une année, je vins à lui avec cette cargaison de raisin et le donnait au muezzin qui le laissa dans une chambre. Je m'assis pour parler [avec le muezzin] quand il me dit : « Est-il possible que les paroles du Shaykh Abu Yaaza cachent les défauts du genre humain bien mieux qu'elles ne les dévoilent ? Cet homme est ignorant et sans connaissance. Il dit à ceux qui viennent à lui, « Vous avez volé untel, vous aussi et vous encore ! Vous avez fait ceci-cela, vous aussi et vous encore ! » Et il dit à chacun ce qu'il a fait. » Soudainement, ses propos furent coupés. Je l'examinais et [constatais que] il avait été empêché de parler. Quand je m'adressais à lui, il ne me répondait pas. Je suis resté ainsi avec lui un certain temps jusqu'à ce qu'Abu Yaaza approchât, une canne à la main. Il me salua et s'enquit de moi ainsi que de ma famille. Alors, il alla vers le muezzin, plaça sa main [sur sa gorge], la frotta, et dit : « Mon fils, tu as dis la vérité. Effectivement, je suis un ignorant. Je n'ai pas d'autre connaissance que celle que le Seigneur m'a donné de connaître. » Une goutte de sang tomba de la gorge [du muezzin] de telle manière qu'il se remit à parler, et se mit à dire : « Je cherche le Pardon de Dieu l'Exalté par excellence ! » Mais Abu Yaaza lui dit alors : « Pourquoi es-tu plein de remords, mon fils, alors que tu n'as dis que la vérité ? Je suis ignorant. Je ne sais rien si ce n'est ce que mon Seigneur m'a fait savoir ('arrafani mawlaya). »

La clé de la signification de ce propos peut être trouvée dans l'affirmation d'Abu Yaaza : « Je ne sais rien (par moi-même) mais mon Seigneur m'a fait savoir. » C'est une paraphrase d'un commandement adressé au Prophète Muhammad (Paix et Bénédictions sur lui) dans le Saint Coran : « Dit .. Je ne fais que suivre ce qui m'est révélé » (6:50). Elle est également similaire à un hadith dans le Sunan d'Ahmed ibn Hanbal (m. 241/826), une source qui était bien connue des marocains du douzième siècle : « Je suis un homme qui ne se connait de rien d'autre que ce que Dieu a bien voulu me faire connaître (allamani Allah). » Des attestations telles que celle-ci ont été faites par le Prophète Muhammad (Paix et Bénédictions sur lui) dans le but de montrer sa voie était en harmonie avec les mots de Dieu.

Peut-être en raison de l'identification étroite d'Abu Yaaza avec le paradigme Muhammadien, la tradition et le folklore du Maroc a longtemps associé ce dernier à Moulay Abdelqadir Jilani (m. 563/1148), qui avait le bonheur de descendre du Prophète notre seigneur Muhammad (Paix et Bénédictions sur lui) à la fois du côté de sa mère et du côté de son père. Au cours du dix-neuvième siècle, la légende unissant Abu Yaaza à Moulay Abdelqadir était ainsi établie que le biographe Sidi Mohammed ibn Jaafar Kattani (m.1345/1930) rapporte dans son Kitab Salwat al-anfas une tradition dans laquelle le Shaykh de Baghdad dit à ses disciples : « Il existe un abyssinien (habache) dans le Maghreb, dont le nom et an-Nur et dont le kunya est Abu Yaaza. Il occupe une station élevée, que seuls très peu d'entre les Premiers et les Derniers ont pu atteindre ». Des traditions similaires ont également relié Sidi Abu Madian (m. 594/1179) disciple d'Abu Yaaza avec Moulay Abdelqadir Jilani.

 

Source: http://soufisme-fr.com/bio/2-bio/143-le-saint-berbere-sidi-abu-yaaza-yalnour-maitre-de-sidi-abu-madyan.html

Abul-Hassan al-Kharaqani

Publié le 01/08/2009 à 21:51 par blogsoufi

Séyyidina Aboul Hassan al-Kharaqani a reçu la guidance spirituele et l'initiation dans l'Ordre Naqshbandi de la présence spirituelle de Bayazid Bistami.

Lors de cette forme de transmission spirituelle, les esprits se réunissent dans le monde appelé cAlam Al-arwah(le monde des esprit) qui est au delà de cAlam Al-ajsam(le plan matériel). Quiconque reçoit la connaissance spirituelle d'un maître décédé de la voie de Naqshbandi, est appellé Ouwéissi et Naqshbandi. Cette connexion spirituelle est aussi puissante et pertinente que la connexion physique.

Le signe de la faveur d'Allah Tout-Puissant et Exalté sur son serviteur est d'autoriser un de Ses Saints à l'élevation de ce serviteur vers la présence divine. C'est pourquoi beaucoup de Saints venus dans précédemment étaient des guides pour ceux qui sont venus par la suite à travers cette connexion spirituelle (d'Ouwéyssi). On sait que beaucoup de Saints ont été sous les conseils et la formation de Prophètes et d'autres Saints qui les ont élevés.

 

Source: http://www.naqshbandi.ca/fr/chain/ouweysi.shtml

Abu Talib Al Makki

Publié le 01/08/2009 à 21:50 par blogsoufi

Ahmad Ibn ‘Ajiba

Publié le 01/08/2009 à 21:50 par blogsoufi

Ahmad Ibn ‘Ajiba est né en 1747 à al-Khamis, village situé entre Tanger et Tétouan . Il montre très tôt un vif intérêt aussi bien pour les sciences de la Loi (Shari’a) que pour le soufisme. Auteur d’une quarantaine d’ouvrages religieux et de poèmes, il réalise également un commentaire du Coran et de Hadiths, des recueils de théologie et de soufisme. C’est à l’âge de quarante huit ans qu’il fait la connaissance à Fès de Moulay al-Arbi Al-Darqawi (1743-1823), l’homme qui deviendra son guide spirituel (murchid). Ahmad Ibn ‘Ajiba était alors titulaire de plusieurs chaires d’enseignement dans les mosquées et les écoles (medersas) de Tétouan mais après cette rencontre il tournera le dos aux honneurs de la vie mondaine et se consacrera exclusivement à la voie spirituelle. Ce geste lui vaudra les foudres de l’orthodoxie locale et principalement des doctes Ulémas qui le persécuteront. Ayant obtenu gain de cause, il partira se réfugier dans la campagne où il mourra de la peste en 1809. Ahmad Ibn ‘Ajiba est enterré à dans le petit village de Zammije, entre Tanger et Tétouan.

 

Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Ahmad_ibn_Ajiba

 

Ahmad Ar-Rifaîyy

Publié le 01/08/2009 à 21:49 par blogsoufi

Al-Jounayd Al-Baghadiyy

Publié le 01/08/2009 à 21:49 par blogsoufi

Muhammad Ben Aissa

Publié le 01/08/2009 à 21:48 par blogsoufi

Cheikh Ahmadou Bamba khadimou Rassoul

Publié le 01/08/2009 à 21:48 par blogsoufi

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